Confort thermique été : et si la surchauffe était un problème de conception ?

Chaque été, le même scénario se répète. Les occupants sortent le ventilateur du placard, tirent les rideaux à 11h du matin, commandent un climatiseur mobile en urgence. Et l’année suivante, ils recommencent. Parce que le problème n’a pas été résolu – il a été contourné. Ce qui surchauffe, ce n’est pas l’équipement. C’est le bâtiment. Et le bâtiment, lui, ne change pas entre deux étés.

La surchauffe estivale est un problème de conception. Elle se décide – ou se prévient – avant même le dépôt du permis de construire. Orientation, profondeur du plan, hauteur sous plafond, présence ou absence de ventilation traversante : ces paramètres sont figés dès la phase d’esquisse. Une fois le bâtiment livré, aucun équipement ne peut les corriger durablement.

C’est ce que confirme avec précision le rapport Girometti-Leclercq (2021), commandé par le ministère du Logement : depuis deux décennies, la qualité thermique des logements collectifs neufs régresse. Et les conséquences – inconfort thermique des occupants, surcoût énergétique, risque de dépréciation patrimoniale – sont bien réelles pour les porteurs de projets.

Un constat documenté : la qualité thermique des logements neufs régresse

Ce que révèle le rapport Girometti-Leclercq

En 2021, à la demande du ministère chargé du Logement, les architectes Alain Girometti et François Leclercq ont remis un rapport consacré à la qualité du logement collectif en France. Leurs conclusions sont sans appel : sur le plan du confort thermique d’été, les logements collectifs neufs ont régressé par rapport aux constructions antérieures. Pas marginalement – structurellement.

Ce rapport n’est pas une opinion critique parmi d’autres. C’est une commande officielle, fondée sur l’analyse de données de construction sur plusieurs décennies, qui aboutit à une conclusion que le secteur ne peut plus ignorer : les choix de conception dominants depuis les années 2000 ont dégradé la capacité des logements neufs à assurer un confort thermique minimal en été sans recourir à des systèmes actifs énergivores.

La portée de ce constat dépasse largement le débat architectural. Elle interpelle directement les promoteurs, les collectivités et les aménageurs : ce que vous livrez aujourd’hui sera exposé à des étés de plus en plus chauds, avec des occupants de plus en plus exigeants sur le confort d’été, et un cadre réglementaire qui évolue dans le sens d’une exigence accrue.

Moins de traversant, moins de hauteur sous plafond, moins de confort

Le rapport documente trois indicateurs particulièrement révélateurs de cette régression.

Seulement 32 % des logements construits après 2009 sont traversants, contre 50 % pour les bâtiments construits il y a plus de dix ans. Un logement traversant – disposant d’ouvertures sur deux façades opposées ou perpendiculaires –  permet une ventilation naturelle efficace, condition indispensable au confort thermique d’été sans climatisation. Les constructions récentes ont donc réduit cette capacité d’un tiers par rapport à leurs aînées.

La perte de hauteur sous plafond est tout aussi significative : 27 centimètres de moins en soixante ans. Ce qui peut sembler anecdotique sur une fiche technique se traduit concrètement par un volume d’air réduit, une moindre capacité d’inertie thermique et une accumulation de chaleur plus rapide. Un logement avec 2,50 m sous plafond réagit différemment à la chaleur qu’un logement à 2,80 m — et cette différence est perceptible dès les premières journées de forte chaleur.

Enfin, la proportion de logements mono-orientés a augmenté. Ces configurations – un seul côté vitré, une seule façade exposée – concentrent les apports solaires sur une unique surface sans possibilité d’évacuation naturelle. Ce sont exactement les typologies à éviter pour le confort d’été. Ce sont pourtant celles qui se multiplient dans les programmes récents.

Le bâtiment, premier responsable de la surchauffe estivale

Orientation, ventilation, hauteur sous plafond : des choix figés à la livraison

La surchauffe estivale n’arrive pas par hasard. Elle est le résultat prévisible de décisions de conception prises des mois, parfois des années, avant la première nuit de canicule vécue par les occupants. L’orientation du bâtiment sur la parcelle, la disposition des pièces et des ouvertures, la profondeur du plan, la hauteur sous plafond, la présence ou l’absence de protections solaires extérieures intégrées à la structure : tous ces paramètres sont figés à la livraison.

C’est là que réside la nature profonde du problème. La surchauffe estivale n’est pas une avarie technique qu’on peut réparer après coup. Ce n’est pas un composant défectueux qu’on remplace, ni un réglage qu’on optimise. C’est la conséquence logique de choix architecturaux et programmatiques qui ont été faits sans que le confort d’été ait été véritablement intégré comme contrainte de conception.

Une fois le bâtiment livré, les marges de manœuvre sont réduites. On peut ajouter des équipements, modifier les comportements des occupants, installer des protections solaires en rénovation. Mais on ne peut pas réorienter un bâtiment. On ne peut pas rehausser des plafonds sans travaux lourds. On ne peut pas transformer un logement mono-orienté en logement traversant. Ces paramètres sont irréversibles.

Quand la logique financière prime sur la qualité d'usage

Les choix de conception qui conduisent à l’inconfort thermique ne sont pas le résultat de l’incompétence des concepteurs. Ils sont, comme le souligne le rapport Girometti-Leclercq, le produit d’une logique économique qui a longtemps primé sur la qualité d’usage.

Optimiser la densité sur une parcelle, c’est construire des bâtiments plus profonds, moins bien orientés, avec des typologies mono-orientées qui maximisent le nombre de logements par niveau. Réduire les coûts de construction, c’est comprimer les hauteurs sous plafond, simplifier les façades, supprimer les loggias et les débords de toit qui protègent du soleil. Accélérer les programmes, c’est laisser peu de place à l’optimisation bioclimatique en phase d’esquisse.

Ces arbitrages sont compréhensibles dans leur logique financière à court terme. Mais leurs conséquences se paient sur le long terme : par les occupants qui subissent l’inconfort thermique chaque été, et par les porteurs de projets qui font face aux risques économiques que cet inconfort génère.

Équipements et usages : de fausses solutions à un vrai problème

La climatisation, symptôme d'un bâtiment mal conçu

L’installation d’une climatisation dans un logement surchauffé est souvent présentée comme la solution au problème. Elle n’en est que le symptôme le plus visible. Une climatisation surdimensionnée ne corrige pas l’orientation défavorable d’une façade, ne compense pas l’absence de ventilation traversante, ne remplace pas une hauteur sous plafond insuffisante. Elle masque le problème en en créant de nouveaux.

Le rapport Girometti-Leclercq alerte précisément sur ce risque : les bâtiments qui ne peuvent fonctionner qu’avec des systèmes de climatisation complexes et énergivores s’exposent à une obsolescence technique et économique rapide. Le surcroût énergétique est réel et récurrent. Un logement qui nécessite de la climatisation pour être habitable en été consomme davantage, coûte plus cher à l’usage et devient moins attractif à mesure que les prix de l’énergie augmentent.

Un bâtiment bien conçu, lui, reste habitable en été même sans système actif. C’est cette résilience thermique passive qui distingue les programmes qui vieillissent bien de ceux qui deviennent des charges pour leurs occupants.

Les comportements des occupants ne peuvent pas compenser une mauvaise orientation

Ouvrir les fenêtres la nuit, fermer les volets en journée, limiter les apports internes inutiles : ces comportements sont utiles en complément d’un bâtiment bien conçu. Mais leur efficacité est directement conditionnée par ce que le bâtiment permet structurellement.

On ne peut pas ventiler naturellement la nuit si les ouvertures sont mal positionnées ou si le plan du logement ne permet pas de créer un courant d’air. On ne peut pas se protéger du soleil si aucune protection extérieure n’a été intégrée à la façade dès la phase de conception. Tenir les occupants pour responsables de l’inconfort thermique d’un bâtiment mono-orienté, c’est inverser la chaîne des responsabilités.

Un risque économique documenté pour les porteurs de projets

Dépréciation patrimoniale et surcoût énergétique

Linconfort thermique estival n’est pas seulement un problème de qualité de vie pour les occupants. Pour les promoteurs, les collectivités et les aménageurs, il représente un risque économique croissant et documenté, qui se manifeste sous deux formes principales.

La première est le surcroût énergétique. Un bâtiment dépendant de la climatisation pour assurer le confort d’été génère des charges plus élevées pour les occupants et réduit l’attractivité du bien sur le marché locatif ou de la revente. Dans un contexte de hausse durable des prix de l’énergie, cet écart de charges va continuer à se creuser.

La seconde est la dépréciation patrimoniale. Un actif immobilier entièrement dépendant de systèmes actifs pour être habitable en été est un actif fragile. La valeur verte – la prime de valeur accordée aux biens performants sur le plan énergétique – intègre désormais de plus en plus le critère de confort d’été. Les acheteurs et les locataires sont de mieux en mieux informés. Les labels qui rendent ce confort visible et opposable deviennent des éléments de différenciation réels sur le marché.

Vers un critère de décence thermique

Le rapport Girometti-Leclercq le formule sans ambiguïté : le confort thermique n’est plus un « plus ». C’est un critère fondamental de qualité du logement, reconnu par l’État, et dont l’absence représente un risque économique documenté pour les porteurs de projets.

Cette évolution se traduit progressivement dans le cadre réglementaire. La RE2020 intègre un critère de confort d’été (le DH – Degrés-Heures) qui pénalise les bâtiments surchauffants dans le calcul de leur performance. La notion de décence thermique, qui impose des conditions minimales de confort dans les logements mis en location, évolue dans le sens d’une prise en compte plus stricte du confort estival. Les labels et certifications qui objectivent le confort d’été gagnent en pertinence et en reconnaissance.

Ces évolutions convergent vers une conclusion que les porteurs de projets ont intérêt à anticiper : le confort thermique estival va devenir un critère de marché, pas seulement un critère réglementaire. Les bâtiments qui ne l’intègrent pas aujourd’hui prendront du retard sur ceux qui l’ont anticipé.

HÉOLEM : certifier le confort d'été avant que le problème n'existe

Le confort thermique d’été se décide avant le dépôt du permis de construire. Il se joue dans les choix d’orientation, dans la profondeur du plan, dans la présence de protections solaires extérieures, dans la hauteur sous plafond, dans la capacité du bâtiment à se ventiler naturellement. Ces choix doivent être éclairés par des données objectives – pas par des intuitions, pas par des règles empiriques héritées de contextes climatiques différents.

C’est précisément ce que permet la modélisation thermique en phase de conception. Simuler le comportement du bâtiment heure par heure sur l’ensemble de la saison estivale, tester plusieurs scénarios de conception, quantifier l’impact de chaque décision sur le confort des futurs occupants : cette approche transforme le confort d’été d’un enjeu subi en une performance maîtrisée et mesurable.

Chez HÉOLEM, nous avons développé un label confort qui objectiver ce confort avant la livraison. Notre démarche repose sur une modélisation thermique indépendante qui évalue le confort estival réel du bâtiment selon des critères précis et transparents. Pour les promoteurs, les collectivités et les aménageurs, le label HÉOLEM apporte une garantie crédible et vérifiable : le bâtiment a été conçu pour résister aux étés à venir, pas seulement pour satisfaire aux minima réglementaires actuels.

Votre bâtiment est-il conçu pour résister aux étés à venir ? C’est la question que HÉOLEM vous aide à poser (et à répondre) avant qu’elle ne se pose d’elle-même, en juillet, à vos occupants.

La surchauffe estivale est un problème de conception. Elle se décide avant le premier coup de pelleteuse, et elle se résout (ou s’aggrave) dans les arbitrages de l’esquisse. Orientation, logement traversant, hauteur sous plafond, protections solaires : ces paramètres sont irréversibles une fois le bâtiment livré. Aucun équipement, aucune consigne d’usage ne peut les compenser durablement.

Le rapport Girometti-Leclercq a posé le diagnostic avec précision. Les évolutions réglementaires et les attentes du marché en tirent progressivement les conséquences. Pour les porteurs de projets, l’enjeu est clair : intégrer le confort d’été comme critère de conception dès l’esquisse, le mesurer avec des outils objectifs, et le certifier pour en faire un actif valorisable. C’est ce que HÉOLEM propose – et c’est ce que les étés à venir rendront incontournable.